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333 CHAPITRE VI. — SOPHOCLE

jouer en moycnno udo tétralogie tous les deux ans. Aucun poètene futplus souvent vainqueur que lui. Jamais, dit- on, il ne descendit au dessous du second rang ^ Dans sa jeu- nesse, il joua lui-même quelques-uns de ses rôles, selon l'ancien usage ; plus tard il y renonça à cause de la fai- blesse de sa voix.

Ces quelques indications sufQsent à nous montrer en Sophocle TAthénien par excellence. On comprend qu'A- thènes Tait aimé et qu'il ait lui-même aimé Athènes. Des souverains étrangers voulurent, dit-on, l'attirer chez eux : il refusa leurs offres. La ville qui l'avait vu naître était doublement sa patrie : car il y tenait par rintelligcnce autant que par le cœur. Il s*y éteignit doucement, âgé de plus de quatre-vingt-dix ans, en 403 avant notre ère, lais- sant le souvenir d'un homme heureux^. Ceux qui ornèrent son tombeau y firent sculpter une sirène, comme emblème de cette merveilleuse poésie dont l'enchantement survivait* Quant à Athènes, elle rendit un culte à Sophocle en lui éle- vant un sanctuaire où elle lui offrait des sacrifices annuels comme à un héros.

��II

��Nous ne savons qu'approximatîvement combien Sopho- cle avait composé de pièces. Il semble que le critique alexandrin Aristophane de Byzance en reconnût 123 pour

1. Garystios dans la Vie anonyme. Le nombre de ses victoires fut, selon le même témoignage, de 20 ; selon Diodore (XIII, 103), de 48; selon Suidas, de 24.

2. Fragm. des Muses de Phrynichos, pièce jouée en 405 (Eock, Fragm. comic, gt\, Phrynichos, fr. 31) :

Maxap SoçoxXér^ç, o; ttoXuv ^p^vov pcouç aTclôavsv, £-j6ac(i(i)v dcvTip xal ôe$i6ç, TToXXà; TTOii^aa; xal xaXàç TpaYwôia; • xaXcDç S' dTeXeuTTjff' oOôàv u7ro{i.eîva; xaxôv.

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