Page:Croiset - Histoire de la littérature grecque, t3.djvu/292

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


282 CHAPITRE VI. — SOPHOCLE

révèle déjà vivement dans AjaXy îl ne paraît pas possible de lui refuser Thonneur de l'avoir introduite dans la tragédie *. La puissance d'imitation, qui est un des dons du poète dramatique, éclate dans tous les dé- tails de telles scènes. Mais, dans cette imitation, jamais rien de brutiil. Même en interprétant par les mots la souf- france du corps, Sophocle reste grand poète par une cer- taine dignité du rythme et delà phrase, par des traits de haute iiuagination, par je ne sais quelle influence noble de la pensée jusque dans le tumulte des sensations.

Ces mérites réunis constituent Tatticisme do Sophocle. M. Jules Girard Ta heureusement défini dans des lignes qui méritent d'être retenues : « Pourquoi la poésie de » Sophocle est-elle si réellement athénienne ? N'est-ce » pas parce qu'il y a dans les expressions une mesure et » un tact exquis, une simplicité puissante, une élégance » naturelle, parce qu'elles sont, pour ainsi dire, mal- » gré la hardiesse et la concision du style, éclairées par » une lumière limpide et pénétrante^? » Cela est vrai, et ce qui est dit là du style de Sophocle s'applique aussi bien à son art dans toute son étendue. C'est l'impres- sion dernière que laisse l'étude de ses œuvres.

1. Ajax, 4:;7 el suiv., 81o et suiv., 915 et suiv., 991 et suivants.

2. J. Girard, Études sur l'éloquence attiquCy p. 53.

�� �� �