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30 CHAPITRE II. — ORIGINES DE LA TRAGÉDIE

printemps que nous représente un beau fragment de son Orestie, des chœurs, interprètes de la piété publique, chantaient ce que les rhapsodes avaient raconté pendant longtemps. Par Teffet du chant, ces vieux récits étaient transformés. Tout ce qu'ils contenaient de religieux était mis en lumière. La grandeur des idées comme celle des personnages remplissait les auditeurs d'une admiration pieuse. Il est vrai que, dans les hymnes de Stésichore, le pathétique était tempéré probablement par une sorte de gravité empruntée à l'épopée. Mais ce qui s'était passé à Sicyone, où les chants héroïques avaient pris si aisé- ment le caractère dionysiaque, prouve assez combien Tâme populaire était prête à s'exalter, dès qu'on l'y pro- voquait par ce genre d'émotions.

Ainsi, quand la tragédie se constitua dans la première moitié du vi* siècle, on peut dire qu'elle existait déjà à l'état latent, grâce au lyrisme et à la religion qui l'a- vaient tirée de l'épopée. Elle cherchait sa forme propre : ce fut le dithyrambe qui la lui fournit.

II

Parmi toutes les sortes de chœurs qui figuraient dans les fêtes, il n'y en avait pas de plus populaires que les chœurs de satyres des Dionysies. On les appelait tragi- ques (Tpaytxot, de Tpàyoç, bouc), on raison de l'extérieur à demi sauvage et bestial de leurs choreutes, que le peu- ple nommait les boucs K Ceux-ci représentaient en eflfet le cortège turbulent de Dionysos. Leur chant était le dithyrambe. On a vu précédemment l'histoire de ce genre lyrique ^. Pendant longtemps, la forme en resta purement

\.Ety m. Magnum: Tpaywôta... ÔTiTàiroXXàol;(opol èxffaxypwv <ruvf<rrav- To oOç èxàXoyv xpdcYoyç. Le même mot est appliqué à un satyre dans Eschyle, Prométhée allum. de feu, fr. 202 (Nauck).

2. Tome II, p. 297.

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