Page:Croiset - Histoire de la littérature grecque, t3.djvu/432

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4J0 CHAPITRE X. — OIIIGINES DE LA COMÉDIE

faire [)artic do la ccromonio religieuse, à Toriginc du moins. Il y a plutôt lieu de croire que les paysans trans- portaient leur vin au marché sur ces charrettes, et que ce (Iclilé bruyant précédait la fôte et s'y liait par consé- quent. A Taller et au retour, on s'injuriait do bon cœur: c'était la 7:o7,7:eta *. Plus tard , ce défilé put devenir purement symbolique. Une fois qu'on était rentré au village, on buvait en commun - ; et, après boire, quand les tètes étaient échauffées , avait lieu cette folle et bruyante échappée à travers les rues qu'on nommait plus particulièrement le y.o)|xo;^ Il y avait en Grèce bien des sortes de >co>[it.oi, depuis ceux qui se faisaient gra- cieusement au son des flûtes vers la maison d'une femme, jusqu'à celte sarabande dionysiaque dont nous parlons. Là, ni ordre, ni bienséance d'aucune sorte : des gens avinés, qui se barbouillent le visage pour n'être pas reconnus *, et qui courent par bandes en interpellant les [)assanls, voilà Tessentiel. Et naturellement tous les méchants propos de voisinage, vrais ou non, éclatent alors en brocards et en moqueries cyniques. On s'al- troujïe devant telle ou telle porte connue et on y débite, au milieu des cris et des rires, les bons morceaux de la chronique locale. Les Archiloques du pays, — et tout Athénien Test à ses heures, — s'en donnent à cœur joie.

1. Harpocration, uo{i7reîa. Pour expliquer que ce mot ait pris le sens de bordée d'injures, il dit : àub twv èv xaï; Atovu<rtaxaic 7C0|iiiatc è7r\ Tfîiv à[jia^wv Xotôopo'jpiévwv àXXyiXoti;. Cf. Dôniosth., Coi/ro«ne, 122; Kat poa; pr,Tà %(x\ appyjt* ovofxâ^wv wo-Tiep i\ àfiaÇTi;. Voir aussi Suidas, ta EX Twv àfxa^wv.

2. Arhnrn. 270 : <ï>aATiç, <î>«Xf,;, èàv [jl£6't)(jl(ov ^JixittTiç.

3. Le mot do xwfxo;, désiî^jnant toute espèce de cortège joyeux, s'ap- plique en réalité à toute la fête primitive, et par conséquent aussi aux 9aX).txâ. Mais le vers 276 des Acharniens prouve qu'on buvait en commun le soir après la procession, et les récits des byzantins font allusion aux scènes nocturnes qui suivaient. Il est donc bon de distinguer le xà)[jLoç proprement dit des çaXXixà.

4. On se barbouillait de lie. De là le nom de TpuY(f>S(oc* synonyme de xa)(i.a)ôia (Bibl. Didot. Sch. gr. in Arist.» Proleg. p. XIV)..

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