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LA SICILE 431

Sicile pour assister aux débuts de la comédie, avant de pouvoir étudier en Attique les premiers développements du même genre.

III

Il n^est pas douteux qu'au vi^ siècle la comédie, sous la forme primitive que nous venons de décrire, n'ait existé en Sicile comme dans les autres parties delà Grèce. La population de l'île, telle que l'avait faite le mélange des races, était remarquable par la finesse do son esprit, par son enjouement, par ses saillies spirituelles. « Un Sicilien, dira plus tard Cicéron, n'est jamais si mal en point qu'il ne trouve à dire un bon mot *. » Mais, là comme ailleurs, les éléments de la co- médie étaient dispersés. Ce qu'elle avait produit de plus remarquable, semble-t-il, c'étaient les iambes d'Aristo- xène do Sélînonte, qui devinrent, après les innovations d'Epicharme, comme le type de «l'ancienne manière 2». Cette ancienne manière ne différait sans doute que fort peu de celle que nous venons de caractériser sous le nom de farce mégarienne. Qu'elle comportât un peu plus d'idées générales, cela estpossible, car cela ne dépendait que de la portée d'esprit du poète. Mais elle consistait toujours en courtes scènes; des morceaux de comédie, mais point

1. Cicéron, Verrines^ IV, 43. Cf. Divin, in Cœcil.,, 9; Orat. II, 54. Voir aussi Quintilien, VI, 4, 31.

2. Héphestion (p. 45, Porson) cite ces deux vers d'Epicharme :

Ot Toù; ià(j.êou<; xaxTov (ip*/aïov xpoTiov

Il cite aussi un vers d'Aristoxène, qui est une moquerie à l'adresse des devins : xiç àXaÇovetav TiXeio-Tav Ttapéxei twv àvôpcoTrwv ; toI {jiavTtsç. Cf. Schol. Aristoph. IHoutos, 487. D'après ce passage, Aristoxène se serait servi, quelquefois au moins, du tétramètre anapestique cata- lectique, qui fut appelé plus tard Arislopixanien, à cause du fréquent emploi qu'en lit Aristophane.

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