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ÉPIGIIARME 43â

nous ne savons rien de plus de sa personne ni de sa vie ^

L'œuvre de Phormos a entièrement disparu. Celle d'É- picliarme ne nous est connue que par quelques fragments et un petit nombre de témoignages. Si insuffisants qu'ils soient les uns et les autres pour une étude complète, ils ne nous permettent pas du moins de douter qu'Épi- charme n'ait élé un des esprits supérieurs de ce siècle, qui en compta un si grand nombre ^. Platon faisait de lui le plus grand nom de la poésie plaisante, comme il faisait d'Homère le plus grand de la poésie sérieuse ^

La grande innovation d'Épicharme et do Phormos, ce fut, d'après le témoignage précis d'Aristote, d'avoir donné à la comédie une fable. A vrai dire, il ne paraît guère douteux que, au temps où ils parurent, cette chose nouvelle ne fut, comme on dit, dans l'air. « La comédie, écrit encore Aristote, avait déjà quelques formes à elle, quand se produisirent les poètes qui lui sont propres et dont les noms sont restés *. » Parmi ces formes à elle, il y avait sans doute des essais de fictions dramatiques. Mais ce qu'on n'avait pas compris jusque-là, c'est que de telles fictions, essentiellement satiriques et bouffonnes, pouvaient être développées comme des fictions tragiques, à travers une série d'événements appropriés, jusqu'à un dénouement. La comédie, telle qu'on la concevait alors, consistait en scènes décousues, en tableaux successifs. L'idée des novateurs fut de l'assujettir à une action régulière. Bien que nous n'ayons aucune preuve décisive de l'influence qui pût être exercée en cela par la tra-

1. Suidas, ^opfjLoç.

2. Platon, Thééletej p. 152 E : Kal tôv TroiviTôiv ol otxpoi T?i; Tronqdewç 4xaT£pa;, xtojxwSîaç [jl£v *E7r'!;(ap(jLoç, xpaY^Staç Ôè "0(jLY)poç.

3. Aristote, Poétique, c. 5 : Tb 8è (Jiuôou? uoieïv *E7rtxap(Jio; xal $6p(Xic- df. Suidas, 'ETTt^apfJLoç 8ç evpe tyjv xtofjLwôtav èv Sypaxouaaiç afjia ^dpfjLo).

4. Poétique, c. 5 : "Hôy^ 6é o-xT^iiarà xiva aùrî^; èxouffTjç ol XeYojJLSvoi aù- "ïYiç 7ronriTa\ (JtvYjjjiovsuovTai.

Hist. de la Lilt. grecque. — T. III. 28

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