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446 CHAPITRE X. — ORIGINES DE LA COMÉDIE

particulièrement rapide. Les ressources de sa versiBca- tion étaient donc assez variées. Un seul de ses fragments nous laisse apercevoir quelques traces de rythmes lyri- ques ^

La langue qu'il faisait parler à ses personnages était naturellement celle des villes doriennes de Sicile. Il est bien probable que le dialecte populaire lui-même y avait sa part, dans quelques rôles au moins * : c'était là une des conditions nécessaires du genre. Toutefois les fragments que nous possédons nous permettent d'affir- mer qu'en général le langage d'Épicharme était plutôt le dorien tempéré qui servait sans doute à la bonne so- ciété de Syracuse ^ C'était une façon de parler familière, mais non commune ni grossière. Il semble que l'influence de riambe des Ioniens, d*Archiloque en particulier, se soit exercée à cet égard sur le poète de Syracuse pour lui donner plus de liberté, en lui offrant un choix plus étendu. D'ailleurs il puisait aussi, comme tous les poètes grecs, à la source commune de Tantique poésie, épique et lyrique, et bien que la nature même de son art l'obli- goât à se montrer discret dans ses emprunts, c'était ce- pendant encore un accroissement de ses ressources.

L'habileté d'Épicharme remployer celles dont il dispo- sait était grande. Presque tous ses fragments nous mon- trent un écrivain qui a le sens le plus vif de la valeur des mots, aussi bien de celle qu'ils ont naturellement que de celle qu'on peut leur donner en les rapprochant, en les opposant, en les détachant, en les accumulant. Il faut citer en ce genre l'amusante gradation où un convive ra- contait les suites d'un banquet.

1. Athénée, IV, p. 183.

2. Sur le dialecte d'Épicharme, voir Ahrens, De dialecto dortca. Jamblique, Vie de Pythagore, 241: Tbv 'Eirtxap(JLOv xwv SiaXéxTcov âpîd- TTQV ).a(jLêav£iv Tf,v AwptSa.

3. Celui qu'Ahrens appelle milior Doris (p. 423).

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