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480 CHAPITRE XI. — COMÉDIE ANCIENNE

à certains moments, le caractère mimique prédominait, surtout dans les parodies dont l'usage était si fréquent K Lorsque Carion dans le Ploutos contrefaisait avec le chœur le Cyclope de Philoxène, lui, en berger, marchant devant et se trémoussant, tandis que les choreules venaient par derrière et bêlaient comme un troupeau ^, la danse ne pouvait avoir tout son efTet comique qu'à la condition de rappeler aux spectateurs celle qui accompagnait le di- thyrambe. En fait de sauteries diverses comme en fait de chants, la fantaisie régnait en maîtresse dans la comédie. La variété des rôles attribués au chœur comique étant extrême, celle des costumes devait l'être éga- lement ^ Toutefois, ici comme à propos de la mise en scène, il faut certainement tenir grand compte du large crédit que l'imagination du public faisait au poète. A l'ori- gine, avant qu'il y eût des chorégies instituées par l'État, on s'accoutrait comme on pouvait, et on s^amusait tout autant. Aristophane, dans un curieux fragment, nous représente ces choreutes du vieux temps, qui dansaient affublés de tapis et de couvertures et portant sous Tais- selle les provisions de bouche dont on leur avait fait cadeau \ Plus tard, les choses changèrent. Nous avons noté les inventions de Magnés ; elles supposaient évi- demment certaines dépenses de costume. Chez Cratinos, les choreutes paraissaient en Archiloques, en Centaures, en Argus, le corps tout couvert d'yeux grands ouverts; chez AristophaneenAcharniens, en Chevaliers, en Babyloniens, en Nuées, en laboureurs, en femmes, en îles, en guêpes :

\, IjO chœur accompagnait quelquefois par une danse mimique les tirades dus acteurs, surtout celles qui étaient en tétramètres, anapes- tiqucs, ianil)i(|ues ou trochaïques. Schol. Aristoph. Nuées, 1332 (Borgk, Griech. Litev.^ III, 155).

2. Ploutos, 288 et suiv.

3. A. Mûller, ouvr. cité, p. 256.

4. Aristoph., fr. 253 Kock. Voir le passage d'Athénée, II, 57, où ce fragment est cité.

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