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SA STRUCTURE 491

encore à &on usage les tétramètrcs iambique, anapestique, Irochaïque, et les dimètres anapestiques. Cela donne aux entretiens de ses personnages une variété d'allure très originale. Quelques-uns de ces rythmes lui viennent de loin, mais elle les traite à sa manière, très librement ; d'autres sont inventés par elle, à mesure qu'elle en sent le besoin. C'est dans l'héritage de la poésie iambique qu'elle a dû trouver le trimètre avec beaucoup d'autres choses ; mais elle a su l'adapter à son humeur en at- ténuant la sévérité de ses règles. Évidemment ce dialo- gue rapide, familier, tout en saillies, ne veut pas être as- sujetti à une discipline gênante. Il sufflt aux auditeurs que la mesure y soit et que les parties essentielles du vers en marquent le rythme; pour le reste, on permet au poète de se rapprocher de la prose par une foule de licences et peut-être même on lui en sait gré MJne liberté analo- gue règne dans les autres formes de vers ^. Il est remar- quable que la plupart des poètes célèbres de la comédie ancienne ont donné leur nom à des combinaisons métri- ques qu'ils avaient ou inventées ou marquées de leur em- preinte. On cite les mètres Cratinéen, Phérécratien, Eu- polidéen, Aristophanien, etc. Presque tous appartien- nent au dialogue et non au chant proprement dit. Cela se comprend. Dans le lyrisme pur, la liberté de compo- sition était ancienne et à peu près absolue ; la comédie en a usé comme les autres genres. Ce qui permettait aux poètes comiques de se distinguer des autres, c'étaient surtout les systèmes, c'est-à-dire les suites de vers iden- tiques. On les essayait de préférence dans les discours adressés au public, parce que le poète y était personnel-

1. Sur la diversité du trimètre iambique chez les iambographes, les tragiques et les comiques, voyez Rumpel, Philologus, XXV, 471-8 et XXVIII, 601.

2. Pour le tétramètre trochaïque, Victorin., II, 5 ; Rumpel. Phi- lologus, XXVIIl, 425-437.

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