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40 CHAPITRE II. — ORIGINES DE LA TRAGÉDIE

» mètres, le plus accommodé à la parole est riambe *. » On peut conclure de là qu'au temps où régnait le tétraniè- tre, il n'y avait point de rôles, ni de parties de rôles qui fussent simplement parlés. Tout était plus ou moins chanté. Mais il y eut évidemment une série de degrés in- termédiaires par lesquels on passa du chant primitif à la simple récitation iambique. La date de l'apparition de l'iambe ne nous est pas connue. Toutefois ce mè- tre ne dut prédominer définitivement qu'au temps d'Es- chyle et par son influence. Car une vieille tradition rapportée par Suidas faisait de Phrynichos l'inventeur du tétramètre ^. Qu'il Tait inventé ou même introduit au théâtre, cela ne saurait être admis. Mais on peut con- clure au moins de ce témoignage, d'abord que le tétra- mètre dominait encore presque sans partage dans ses dialogues tragiques, ensuite qu'il avait donné à ce genre de dialogues beaucoup plus d'importance que ses prédé- cesseurs, et peut-être enfin, qu'il fut le premier à faire dé- biter par l'acteur certaines parties de son rôle sans mé- lopée et sans accompagnement musical. Ce dernier fait marquerait bien le moment de transition qu'Aristote semble avoir en vue dans le passage cité, quand il parle du temps, « où on se mit à parler tout simplement ». Comme ce fut, d'après lui, cette habitude nouvelle qui fît substituer l'iambe au tétramètre, on est en droit de penser qu'on se servait encore du tétramètre quand elle fut introduite.

On voit d'ailleurs que, bien avant cette dernière inno- vation, la tragédie, dès le vi® siècle, possédait assez de ressources propres pour atteindre à une remarquable

d. Poét., c. 4 : Al^ewç ôè yevoixevtiç, a.\ixy\ yj çiSci; to olxetov [xéxpov eupe* (xaXcffTa ^ocp Xextixov tûv [Aéxpwv to ia{i.6£i6v èctiv.

2. Suidas, ^puvt/o;. Bergk, Griech. Lit. III, p. 266, n. 47, propose de lire Tptixkpou. C'est modifier le texte sans raison décisive. Je crois qu'on peut l'expliquerjel qu'il est.

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