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PREMIERS POÈTES TRAGIQUES 41

puissance d'effet. Ainsi s'explique qu'elle ait alors pris possession de la faveur publique avec une force toujours croissante et qu'elle ait suscité des poètes de valeur, qui furent les prédécesseurs d'Eschyle.

III

Il est impossible aujourd'hui de faire la part exacte de chacun de ces poètes dans les progrès que nous venons d'esquisser. Il ne l'est pas moins d'apprécier exactement leur talent. Leurs œuvres ont péri. N'étant jamais remi- ses sur la scène h partir du temps d'Eschyle, elles furent oubliées dès le siècle suivant et disparurent alors presque toutes. D'une manière générale, nous devons nous repré- senter ces poètes comme des entrepreneurs de spectacles et des maîtres de ballet. Us excellaient autant à instruire un chœur ou même à danser qu^à composer des chants ou des dialogues ^ Disons rapidement le peu qu'on sait de chacun d'eux.

Le sicyonien Epigène est cité quelquefois comme un devancier de Thespis. Mais aucune innovation précise ne lui étant attribuée, il est bien probable qu'il faut voir sim- plement en lui un de ces poètes lyriques doriens, qui, au commencement du vi® siècle, adaptèrent le dithyrambe au culte des héros, et par la préparèrent Tavènement de la tragédie. Ce que nous avons dit plus haut des chants tragiques de Sicyone en l'honneur d'Adraste s'applique à son œuvre. On comprend ainsi comment, d'après une tra- dition, les mots o'jSev TirpôçTovAiovutTov purent être pro- noncés pour la première fois à propos de ses poésies^.

4. Athénée, I, p. 2:2 : <^aa\ 6è xa\ oti oî àp^atoi 7roiTiTa\ ©éctciç, Ilpa- Ttvaç, KpaTÎvoç, <^puvi^oç ôp"/Y)(7Tal èxaXovvTO 5ià to (xtj |jl6vov -rà lauttov 8pà(iaTa àvaçépeiv zlç o'pxiQo-tv xoO x^9^^* <i)Xoc xa\ e^to Toiv IStwv 7ronri{i.à- Tcov 5i6tt(nceiv touç pouXojJi.é\ov>; ôpxeïo'6at.

2. Suidas, V. ©écîctç : Tpa^ixo; IxxatSsxaTo; oltzo toO Trpwxou ^evoiaÉvou TpaYcpS^QifoiQV 'pwtyévouç tqO Sixvtovtov Tiô^fASvoç ' wç ôé xiveç, ôeyrepoç

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