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COMÉDIES SUBSISTANTES 539

aussi libre, aussi souple, il ne se peut pas qu'il n^ ait des retours et des surprises. Là, il s'agit bien d'un juge- ment complet sur l'art d'Euripide. Ce poète est mort, Sophocle aussi, Àgathon est en Macédoine ; la tragédie semble sur le point de s'éteindre ; Bacchus, le dieu du théâtre, est désolé. Il lui faut un poète. Tout peureux qu'il est, il va le chercher là où il a chance de le trou- ver, chez les morts. Mais qui ramener? Il hésite entre Eschyle et Euripide ; un vrai concours s'engage, dont il est le juge ; les deux rivaux s'attaquent ; tout leur art est ainsi critiqué, au point de vue moral comme au point de vue poétique. Euripide se révèle comme un sophiste qui a corrompu la tragédie, dégradé l'idéal, troublé les âmes et mis en danger les bonnes mœurs. Tout est contre lui ; son habileté même le condamne. Bacchus choisit Eschyle et le ramène triomphant sur la terre. Malgré les incidents et les détails, les grandes idées dominent: c'est bien là l'esprit qui animait Aristophane vingt ans auparavant, au temps des Nuées. Et toutefois, dans la première partie de la pièce au moins, le libre développe- ment de la Gction fait reconnaître assez l'auteur des Oiseaux.

Un dernier groppe nous reste à mentionner, caractérisé par une troisième manière. C'est celui de V Assemblée des femmes et du second Ploutos^ pièces sans parabase, presque sans lyrisme, oi^ se fait sentir déjà la transfor- mation de la comédie.

Dans la première (392), les femmes athéniennes, ins- pirées par Praxagora, se rendent maîtresses de l'assem- blée et y font voter les principes d'un communisme absolu : plus de propriété, plus de famille ; tous les biens à tous, toutes les femmes aussi. Le sujet de la pièce, c'est la vive représentation des conséquences qui résultent de là. 11 n'y a plus, dans cette pièce, d'âpre satire visant un(' des puissances du jour, puissances de fait ou d'opi-

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