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544 CHAPITRE XII. — ARISTOPHANE

les pièces d’Aristophane d’assez notables différences, que nous ferons mieux comprendre en parlant des péripéties.

Un de ses mérites les plus frappants dans la conduite de Faction , c’est le mouvement. Aller vite, changer sans cesse, c’était, nous l’avons vu, une des lois du genre ; il y a excellé. Peu ou point de scènes d’explications ; peu ou point de préparations ; tout cela serait inutile dans un genre qui a si peu de souci d’une vraisemblance ri- goureuse ; l’important est de renouveler le spectacle le plus souvent possible. Il faut que chaque scène produise son effet, mais il ne faut pas que cet effet se prolonge, de peur de s’user. Entre les scènes qui se succèdent, il n’est pas nécessaire que la liaison soit bien solide; peut- être même vaut-il mieux qu’elle ne le soit pas trop ; le fil léger de la fantaisie ne doit jamais ressembler à une chaîne. Des scènes courtes, bien distinctes, brusquement commencées et rompues, voilà l’idéal du genre, et c’est bien celui qui convient aussi au génie d’Aristophane.

La structure de ses pièces est presque uniforme ^ Elle se ramène à un type simple qui est particulièrement fa- cile à saisir dans les Ackamiens, Dans une première par- tie^ l’action s’organise. Dicéopolis désire la paix : il se rend à l’assemblée du peuple, décidé à voter selon son dé- sir. Ce qu’il y voit lui démontre qu’il n’y a rien à atten- dre de ses concitoyens. Il arrête donc au passage le hé- raut des Lacédémoniensct traite avec lui pour son propre compte. Mais tout à coup les Acharnions belliqueux fon- dent sur lui. Il les calme de son mieux et les décide à l’entendre; puis, affublé d’une défroque tragique qu’il va emprunter à Euripide, il plaide sa cause, la tôte sur le billot, et la gagne. Les Acharniens sont convaincus; les voilà devenus, eux aussi, des partisans de la paix.

\. Voir sur ce sujet un intéressant article de M. Th. Kock, Hhmmt’ ches Muséum, XXXIX, p. 118 (1884), et les réflexions de M. Denis, Cmnéflie grecque, ch. VI.

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