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SES QUALITÉS DRAMATIQUES 545

Alors commence la seconde partie do la pièce. Elle a pour objet de montrer par une série d'exemples les avantages de la paix et les inconvénients de la guerre. C'est un dé- filé, une série de scènes à peine liées entre elles, sinon par l'idée commune. Le poète aurait pu sans difficulté en supprimer quelques-unes ou en ajouter de nouvelles*.

Sur onze comédies subsistantes, six sont faites exacte- ment d'après ce modèle : les Acharniens^ les Guêpes, la Paix, les Oiseaux^ V Assemblée des femmes ^Ploutos. Dans toutes ces pièces, la division en deux parties est bien sensible et le caractère de ces deux parties est toujours le même. La première nous montre une entreprise qui s'accomplit, à travers des difficultés plus ou moins sérieu- ses ; la seconde nous fait voir les conséquences de Tétat de choses nouveau ainsi créé. La première est vraiment construite, elle offre une intrigue au moins élémentaire; la seconde se réduit à une sorte de défilé. La plus sensi- ble différence consiste dans le procédé de démonstration choisi par le poète. Dans les Acharnie?is, dans la Paix, dans les Oiseaux, le protagoniste représente dans une certaine mesure les idées d'Aristophane lui-même et il les fait prévaloir ; dans les Guêpes, il incarne au contraire en sa personne le préjugé qu'il faut combattre, et c'est lui qui se convertit au milieu de la pièce. Dans V Assem- blée des femmes et dans le Ploutos, personne ne se conver- tit, bien que les personnages principaux représentent aussi des préjugés à combattre; mais les scènes de la seconde partie les réfutent plus ou moins fortement.

Quatre autres pièces, les Chevaliers, Lysistrate^ les Fêtes de Déméter, les Grenouilles^ ne s'écartent de ce type que par une légère différence. L'entreprise, au lieu de s'accomplir entièrement dans la première partie,

1. La structure des comédies d'Aristophane ressemble par plus d'un point à celle de nos Revues de fin d'année.

Hist. de la Litt. grecque. — T. III. 35

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