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POÈTES DE LA COMÉDIE MOYENNE 593

��III

��S'il est malaisé en somme de caractériser ce genre en voie de transformation, il ne Test guère moins de don- ner une idée nette des poètes qui le représentent. Le peu que nous savons d'eux nous laisse mal deviner Torigi- nalité individuelle de leur physionomie et de leur rôle. Contentons-nous donc de les mettre ici à leur place dans Tordre chronologique, sans insister autrement K

Le plus fécond poète de ce temps fut un étranger, Antiphane ^. Né vers la fin du v® siècle (dans la 93® Olympiade, 408-40S), il mourut à soixante- quatorze ans, par conséquent un peu avant 330. Il fut donc le contem- porain de Platon, d'Isocrate et de Démosthène. Les uns lui attribuaient 280 comédies, les autres 365 '. Une telle abondance n*est guère conciliable avec les scrupules d*un art exigeant. Pour composer tant de pièces en si peu de temps, Antiphane, quelle que fût sa facilité naturelle, devait s'accommoder de tous les sujets et user trop sou- vent sans scrupule des mêmes moyens dramatiques. Banalité et négligence, telles étaient les conséquences nécessaires de sa précipitation. Il ne remporta, dit-on, que treize victoires*. Une bonne moitié de ses pièces, d'après les titres subsistants, consistaient en parodies

4 . La liste des noms des poètes comiques du iv« siècle a été dres- sée d'abord à Taide du Lexique de Suidas et des citations des au- teurs anciens. Elle a été complétée récemment par la découverte d'une inscription en forme de catalogue (CIA, II, 977).

2. Suidas, 'AvTiqpavr,;. Les uns le disaient originaire de Kios en Mysie, les autres de Smyrne, les autres de Bhodes.

3. Suidas, même notice.

4. Ibidem. Il est bon de remarquer que les victoires mentionnées par les biographes sont uniquement des victoires remportées à Athè- nes. Mais les poètes de ce temps faisaient représenter leurs comédies ailleurs; cela est attesté par exemple pour Anaxandride, comme on le verra plus loin.

Hist. de la Litt. greoqae. — T. III. 38

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