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594 CHAPITRE XIII. — LA COMÉDIE AU IV» SIÈCLE

mythologiques ; son théâtre marquait donc l'apogée de ce genre assez vulgaire. L'autre moitié devait mettre en scène des aventures d(3 la vie commune et des types po- pulaires. L'impression que nous retirons aujourd'hui de ses fragments lui est peu favorable. L'esprit qu'on y trouve n'est guère qu'un don naturel de s'approprier certaines formes de plaisanteries convenues *. Il est long et monotone; il abuse des énumérations ^ ; son dialogue n'a qu'un mouvement apparent ; mille choses tournent autour de nous et nous passent sous les yeux, sans que nous changions de placée Son principal mérite parait consister en une facilité élégante. Il sait tourner une ré- flexion, donner parfois une forme assez piquante à des idées d'ailleurs vulgaires'*, amuser un instant son pu- blic par des effets de style ou d'invention ^ Citons, à titre d'exemple, les plaintes de son foulon (Kvaçeilç). On ne peut nier qu'il n'y ait dans ces quelques vers du naturel et même un certain atticisme, fait d'un peu d'esprit et d^un peu de sentiment ; je dis un peu, afin de marquer la vraie mesure.

« Quel que soit le dieu qui, le premier, enseigna aux hommes un métier, c'est un bien triste cadeau que celui-là leur a fait. Supposez un misérnble quelconque : s'il ne sait rien faire, il part, il risque sa vie; affaire d'un jour ; le voilà couvert de gloire, à moins qu'il ne soit tué. Mais nous autres, qui avons la vie assurée avec notre métier, nous mourons de faim toute l'année, en espérant toujours. Nous pourrions n'avoir à subir qu'un seul instant d'incertitude, et nous préférons nous en donner toute notre vie durant 6. »

1. Fragm. 52, 124, 166, 190, 19i, et 196 Kock. Notez l'emploi fré- quent des énigmes.

2. Fragm. 26, 55, 132, 133, 142.

3. Fragm. 68.

4. Fragm. 80, 94, 98, 144, 204, 205, 251.

5. Fragm. 106, 148, 161, 195, 202. 300. C'est peut être à Anliphane qu'est due la jolie fantaisie des paroles qui gèlent en hiver et dégè- lent en été (Plut. Moralia, 79).

6. Fragm. 123.

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