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600 CHAPITRE XIII. — LA COMÉDIE AU IV* SIÈCLE

la comédie nouvelle et celle de la comédie ancienne ré- sulte do la disparition du chœur que nous avons. expli- quée plus haut. Il est malheureusement fort difGcile d'être précis sur ce point. D'une manière générale, nous savons par les témoignages anciens que la comédie nou- velle se passait de chœur. Pourtant quelques fragments nous prouvent que cet usage nouveau n'était pas une règle absolue*. Dans le Trophonios à* Alexis, cinq vers encore subsistants^ étaient adressés par le coryphée ou par un acteur à des chor eûtes qui se préparaient à danser. Tout ce qu'on peut dire, c'est que c'étaient là des exceptions. En général, l'orchestra restait libre, et la co- médie n'était plus interrompue ni accompagnée par des danses. En conséquence, les principales divisions deTac- tion durent être marquées d'une nouvelle manière, sans doute par des intermèdes. On peut croire que ce fut là l'origine de la division en actes, bien que nous n'ayons sur ce point aucun renseignement décisif.

Une nouveauté de quelque importance fut l'adoption du prologue à la façon d'Euripide. Dans la période de transition que nous venons d'étudier, on en trouve déjà des traces à peu près certaines ^ : c'est alors qu'il fut essayé, et le succès de cette innovation la rendit bientôt définitive. Chez les contemporains de Philémon et de Ménandre, l'usage en est courant^. Autant que nous pou-

1. Meineke, Hist, critica com. graec, p. 301 et 441.

2. Alexis, fr. 237.

3. Voy. l'Éole d'Antiphane, fr. 18. Limitation du prologue tragi- que y est manifeste ; peut-être est-ce par la parodie que le pro- logue a passé de la tragédie à la comédie. Cf. Neottis, fr. 168, peut- être Poesis» fr. 191. Dans le Ganymède, fr. 73, le prologue était dialo* gué. Aristote {Rhét. III, 12) fait allusion à un passage du prologue des EvidEgeiç d'Anaxandride et à la façon dont le jouait l'acteur PhUémon. La difâculté est de savoir si le mot prologue doit être pris ici au sens large ou au sens étroit. Cf. Eubule, Antiope, fr. 10.

4. Nous connaissons huit prologues de ce temps : Philémon, fr. 91 ; Ménandre, les Messéniennes, la Cruche, le Laboureur, le Bourru (Â\S9-

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