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604 CHAPITRE XIII. — LA COMÉDIE AU IV* SIÈCLE

on (lésospère; à la fin, on découvre que la jeune fille est de naissance libre ; tout se termine par un mariage. Cela pouvait se varier de mille manières. Les poètes athéniens y excellaient. Leurs inventions étaient multiples et char- mantes. On peut se représenter ces écrivains comme de curieux chercheurs, sans cesse en quête du fait-divers athénien. Uii procès, une aventure bourgeoise, une situa- tion (le famille révélée par les indiscrétions quotidiennes, c'étaient là pour oux autant de suggestions vivement sai- sies : ils savaient les approprier à leurs desseins, en mo- difiant ce que la réalité leur avait indiqué et en achevant ce qu'elle avait seulement esquissé.

Cette teiidance à imiter la vie était peu favorable à la création de personnages d'un caractère fort et tranché. Un Alceste, un Tartuffe, un Harpagon ne se rencontrent guère dans le monde; la nature ébauche et disperse les traits que des génies puissants et idéalistes peuvent seuls réunir. Ces vigoureuses synthèses demandent un art jeune, qui graiidisse en un temps d'expansion intel- lectuelle et de spontanéité créatrice. On ne pouvait les attendre de la génération élégante et quelque peu désa- busée dont Ménandre fut le plus brillant représentant. Les poètes d'alors n'y songeaient même pas. Ce qui les attirait, c'était la vie commune, en ce qu'elle a de moyen et d'un peu banal. Personne encore ne l'avait représen- tée comme elle méritait de l'être; en l'étudiant, ils su- bissaient à la fois le charme de la nouveauté et celui de la vérité. En conséquence, ce qu'ils montraient le mieux à leur public, c'étaient ces façons de penser et de sentir par où tous les hommes se ressemblent ; et, dans cette ressemblance générale, les différences qu'ils faisaient le plus vivement ressortir, c'étaient celles qui tiennent à l'âge, au sexe, à la condition sociale, aux relations de parenté, et qui par suite se retrouvent partout. Il y avait ainsi dans leur théâtre trois ou quatre types de pères,

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