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632 CHAPITRE XIV. — POÉSIE HORS DU THÉÂTRE

II

C'est avec Mélanippide TancieD, contemporain de Pia- dare, que les caractères de la nouvelle école lyrique com- mencent à s'accuser fortement. Né dans l'île de Mélos vers 520, il semble avoir vécu surtout à Athènes, où il fut vainqueur au concours de 494 ^ Il composa, selon Suidas. « un ample recueil de dithyrambes » (StOupàjji- 6(i)v piêXta TrXetcTa), des poèmes épiques, des épigram- mes, des élégies, et beaucoup d'autres choses encore ^. C'est par ses dithyrambes qu'il se fit une réputation. Si Ton ne peut affirmer qu'il ait le premier affranchi le di- thyrambe de la structure antistrophique, il est certain du moins qu'il fit beaucoup pour mettre à la mode cette nouveauté. Il remplaçait, dit Aristote, les antistrophes des dithyrambes par des préludes (àvacêoXaQ ^ Ces préludes ne pouvaient guère être que des morceaux de musique plus ou moins étendus, qui coupaient le dithyrambe en sections sans doute inégales, comparables aux épisodes de la tragédie. Chaque prélude servait en quelque sorte d'ouverture à l'épisode dithyrambique qu'il précédait. Les rivaux de Mélanippide se moquèrent de sa manière * ; ce qui ne Tempêcha pas de prévaloir. — A côté de lui, Démocrite de Chios et Théoxénidès do Siphnos furent, dit-on, les premiers à se servir ordinairement de la gamme chromatique ^ Lamproclès d'Athènes a été nommé ailleurs ^ Un certain Krexos, probablement con- temporain des précédents, fut, d'après Tauteur du De

1. Chronique de Paros, 61. La correction de Bergk (Me[Xav]Miiii8- [t)ç èvtxyiajev, au lieu de Ne... cTruta ev) est au moins probable.

2. Suidas, MeXavt7t7r:6r,!; KpÎTwvoç.

3. Aristote, Rhétor. III, 9 : notyjaavTa àvxl tôv âvttorpoçwv àvaâoXàç.

4. Aristote, pass. cité.

5. Suidas, Xia^eiv. Cf. Philodème, De la Musique^ c. 13.

6. Voir t. II, p. 359.

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