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PÉANS — ÉPINIGIES — ENGOMIA 645

aussi un péan à Apollon K On peut en rapprocher natu- rellement le Péan à Rygiée, du poète d'ailleurs inconnu Ariphron deSicyone^.C'est une œuvre qui ne manque ni de grâce ni d'élégance dans sa brièveté :

« Hygiée, vénérable entre les divinités, qu*il me soit donné de passer avec toi les jours qui me restent encore à vivre. Viens, bienveillante, habiter auprès de moi. S'il y a quelque douceur pour l'homme dans la richesse ou dans l'amour des enfants, dans la puissance royale qui fait de lui presque un dieu, ou encore dans ces objets de désir que nous cherchons à surprendre dans l'ombre aux filets d'Aphrodite, si quelque autre délice enfin, par une grâce des dieux, si quelque repos dans nos peines nous apparaît, c'est avec toi, bienheureuse Hygiée, que tout fleurit et rayonne dans le printemps des Charités; sans loi, il n'est point au monde de bonheur. »

Un autre péan h la même déesse, composé par Likym- nîos de Chio, ne nous a été conservé qu'en partiel Les fouilles de TAsclépiéon d'Athènes ont prouvé combien ce genre de poésie était à la mode et à quels sentiments profonds il répondait. On a trouvé là plusieurs petits poèmes écrits sur la pierre en témoignage de reconnais- sance. Sans y insister autrement, mentionnons au moins celui d un certain Diophante du dème de Sphettos. Dans une plainte vive et familière, il suppliait le dieu de le guérir de la goutte dont il souffrait cruellement ; exaucé, il mit dans le temple, à côté de sa prière naïve, quatre vers de remerciement non moins naïfs ^.

Le genre des épinicies et des encomia ne pouvait guère disparaître non plus complètement, puisqu'il avait

1. Platon, Phèdre, p. 60.

2. Athénée, XV, p. 702 A. Bergk, o. c. III, p. 596. La célébrité de ce péan semble attestée par ce fait qu'il a été retrouvé sur une pierre antique, GIG, I, 509 et CIA, III, p. 66.

3. Sextus Empir. XI, 49, 556 Bekker. On y retrouve mot pour mot trois des vers du péan d' Ariphron. Voir à ce sujet Bergk, Poet. lyr, graec. III, p. 595.

4. Bergk, Poet, lyr. gr,, III, p. 249.

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