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646 CHAPITRE XIV. — POÉSIE HORS DU THÉÂTRE

sa raison d'être dans la vanité. On cite^ parmi les œu- vres lyriques du v® siècle, un encomion d'Ion de Chios, adresse à un certain Scythiadès ^ Un peu plus tard, la triple victoire d'Alcibiado aux jeux Olympiques fut célé- brée par unépinikion que l'on attribue communénnent à Euripide-. Quelques autres indications éparses et frag- mentaires attesteraient seulement, si on les rapprochait de celles-là, la persistance de cette poésie de louange. Bien qu'elle soit perdue pour nous, nous devinons aisé- ment de quoi elle vivait encore et pourquoi elle touchait à son déclin. Fidèle à une longue tradition et riche en modèles de toute sorte, elle devait être plus facile que toute autre, mais aussi plus banale.

On comprend aisément qu'en ce temps, où les relations de société devinrent pour tous les hommes de loisir un des principaux agréments de la vie, les formes de poésie qui en dépendent étroitement aient dû jouir d'une faveur marquée. Les réunions d*amis, les banquets surtout offraient d'excellentes occasions à une poésie familière, lyrique par le sentiment personnel, mais voisine de la simple conversation par la légèreté spirituelle du ton. Autant cette poésie a dû être abondante, autant elle était éphémère par sa nature même. Voilà pourquoi, aujour- d'hui, nous l'entrevoyons plutôt que nous ne la connais- sons réellement.

A cette classe d'œuvres élégantes, on peut rattacher d'abord certaines compositions d'une fantaisie fine et neuve, telles que devait être par exemple Thymne d'Ion de Chios à V Occasion (el; Kaipov); puis quelques-unes de ces vives chansons de table, de ces scolia d'origine et de date incertaines, que nous trouvons cités çà et là ^ Ce sont des couplets très courts, d'une allure presto et

1. Bergk, Poel, lyr. gr., II, p. 2o6.

2. Ibidem, p. 266.

3. Sur l'histoire et les formes du scolie, voir plus haut, t. II, p.2Ii.

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