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ROLE DE L'ÉTAT 59

putatîons déjà faites. Toutefois il semble bien que, par exception, quelques-uns d'entre eux se soient permis des préférences au moins singulières *. Une chose impor- tante à remarquer, c'est que le jugement favorable du magistrat n'empêchait pas que les poètes demeurassent responsables de leurs œuvres. Nous voyons que plusieurs d'entre eux furentpoursuivis pour des propositions jugées mal sonnantes, bien que le chœur leur eût été accordé. On ne dit pas que l'archonte ait été jamais impliqué dans ces poursuites. Son rôle en réalité était plutôt celui d'un commissaire de la fête que d'un censeur ou d'un critique.

Aux Grandes Dionysies, le nombre des poètes qui pre- naient part au concours tragique paraît avoir été de bonne heure fixé à trois, et il ne semble pas qu'il ait varié dans le cours du v® ni du iv^ siècle. Aucune condition légale d'âge ni de nationalité n'était imposée aux concurrents. Leur personne importait peu : c'était de leurs pièces qu'il s'agissait. Chacun d'eux devait en présenter quatre à la fois au concours : trois tragédies et un drame satyrique. I^ 'origine probable de cet usage a été expliquée plus haut. Nous le trouvons invariablement observé dans toutes les didascalies connues du v® siècle. Vers le milieu du iv® siè- cle, les inscriptions prouvent qu'il fut modifié. Chacun des trois concurrents n'apporta plus que deux tragédies : un seul drame satyrique, d'un autre poète, était joué h l'ouverture du concours ^. En ce qui concerne les dèmes, les renseignements nous font défaut. Les usages ont dû varier avec les localités, et Ton ne saurait même affirmer qu'il y ait eu concours partout. Telle bourgade pauvre épuisait ses ressources en fournissant un seul chœur, tandis que telle autre, plus riche, n'avait pas de peine à

1. Athénée (XIV, 638 F) parle d'un archonte qui refusa un chœur à Sophocle.

2. GIA, II, 973.

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