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60 CHAPITRE III. — CONCOURS TRAGIQUES

en fournir plusieurs. Tout ce qu'on peut dire, c'est que la forme du concours, étant chère aux Grecs, a dû s'im- poser partout où elle n'était pas impossible \

Les pièces acceptées par le magistrat étaient payées à leur auteur au nom de l'État ou du dème. Ce paiement s'appelait salaire ((/itOoç). Il parait certain, d'après une allusion d'Aristophane, que Sophocle le fit élever à son profit ^ Cela implique un débat préalable et une sorte de marché entre le poète et l'archonte. Les poètes renommés se faisaient payer en raison de leur réputation. Peut-être des prétentions exagérées de leur part furent-elles par- fois la cause de la préférence accordée par Tarchonto à des concurrents moins illustres.

Sur lordonnance et la durée du spectacle dont la tra- gédie faisait partie, il faut s'en tenir à de simples vrai- semblances. L^opinion la plus satisfaisante nous parait être celle-ci. Aux Grandes Dionysies du v« siècle, le con- cours tragique durait trois jours. Chaque jour, ou jouait de suite, dans la matinée, les trois tragédies et le drame satyrique d'un des trois concurrents admis, et, dans la soirée, une comédie. Toutefois, cela ne peut être démon- tré d'une manière certaine ^ En outre, cet arrangement fut nécessairement modifié au iv*" siècle, et nous ignorons s'il s'appliquait aux autres fêtes.

II

Puisque la tragédie était un acte public de religion, il était naturel qu'elle fût jouée dans un lieu affecté aux

1. Le fait du concours est attesté pour le Pirée (CIA, I, 589), pour Eleusis (CIA, I, 574), pour un autre déme inconnu (CIA, I, 516), enfin pour la petite ville d'Héphestia, à Lemnos, habitée par des clérou- ques athéniens (CIA, I, 592).

2. Schol. Aristoph. Paix, 697. On peut sans doute en cette matière appliquer à la tragédie ce qui est dit de la comédie, Schol. Grenouilles, 367 ; Assemblée des Femmes, 102. Cf. Hesychius, pi.i(T6dc.

3. Voir sur ce sujet Haigh, The attic théâtre^ p. 34 et suivantes.

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