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66 CHAPITRE III. — CONCOURS TRAGIQUES-

l'Aréopage de l'autre. Dans sa Psychostasie^ il y avait deux scènes superposées, Tune pour les dieux, l'autre pour les hommes, et cette disposition semble avoir été employée plus d'une fois, puisque la langue technique avait un mot spécial (ôeoXoyeîov) pour désigner cette scène des dieux ^ Seulement la tragédie grecque était si simple par nature, que cet usage ne put jamais prendre une grande extension. En tout cas, un goût plus sévère le fît certainement disparaître de bonne heure, et ce fut peut- être alors que les TcepiaxTot furent imaginés pour sufOre aux quelques changements de scène indispensables. Ce qui distinguait, selon Vitruve, les décors tragiques, c'é- taient les colonnes, les hautes constructions, les statues, et diverses choses semblables qu'il qualilic de royales ^. Cela ne doit être accepté qu'avec beaucoup de réserves. Un bon nombre des tragédies subsistantes ne s'accom- moderaient en aucune façon d'un pareil décor. Le seul qui leur convienne est celui que Vitruve appelle satyrique consistant en arbres, grottes, montagnes et .autres objets naturels. Ce témoignage semble prouver du moins que les peintures scéniques, même quand elles furent perfec- tionnées, se ramenaient à un petit nombre de types, d'où les détails très particuliers étaient exclus.

Dans le décor étaient ménagées un certain nombre d'ou- vertures pour les entrées et les sorties des acteurs. Pollux et Vitruve nous parlent de trois portes pratiquées dans la scène proprement dite, c'est-à-dire dans le décor du fond, et de deux entrées accessoires sur les côtes ^. Ils ajoutent que chacune de ces portes avait une destina- tion spéciale, qu'ils caractérisent d'ailleurs d'une ma- nière fort confuse. Tout ce qu'on peut conclure de leurs témoignages avec quelque vraisemblance, c'est que, par

1. Pollux, IV, 30. Plut., de Aud, poet., p. 11 A.

2. Vitruve, V, 6, 8.

3. Pollux, IV, 124. Cf. Vitruve, V, 6.

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