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72 CHAPITRE III. — CONCOURS TRAGIQUES

III

L'organisation des représentations tragiques conripre- nait, outre Tinstallation d'un théâtre, la préparation du chœur et celle des acteurs. Sur ce double sujet encore, quelques renseignements sommaires suffiront ici.

La chorégie tragique était à Athènes une des contri- butions imposées à tour de rôle aux riches citoyens. Chaque année, peu après les concours tragiques, les tribus dont c'était le tour élisaient parmi leurs membres chacune un chorège, et le faisaient connaître à l'ar- chonte. Ce chorège avait d'abord à constituer le chœur, puis à le faire instruire, enfin à Téquiper : tous les frais étaient à sa charge. Bien que formé par un particulier, le chœur, dans la cérémonie, avait un rôle public * : aussi ne devait-ii en principe se composer que de citoyens; ce fut par une tolérance, devenue sans doute nécessaire, qu'on finit par y admettre les métèques, mais seulement aux Lénéennes^. Tout chœur tragique était sacré, comme le chorège lui-même; car il s'acquittait d'une fonction reli- gieuse ^ Par suite les choreutes et le chorège étaient exempts du service militaire pendant la durée de la cho- régie*. Quels que fussent les droits du chorège quant au choix des choreutes, il est bien évident qu'en fait ce choix impliquait un arrangement consenti de part et d'autre : on n*était choreute que lorsqu'on voulait bien Tètre. Il y avait sûrement à Athènes un certain nombre de gens de bonne volonté, recommandés d'ailleurs par des apti- tudes spéciales, qui formaient un personnel choral tou-

1. Les chœurs dithyrambiques représentaient les tribus; mais les chœurs tragiques semblent avoir représenté l'État tout entier. Voy. Haigh, The attic theatrCy p. 79.

2. Schol. Aristoph. Plutus, 953.

3. Démosthène, Midlenne, 16.

4. Ibid. 15 ; contre Béotos, 16.

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