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82 CHAPITRE III. — CONCOURS TRAGIQUES

qu'un seul à chaque chœur tragique. Sa place était sans doute dans Torchestra, près de la scène, sur la thymélé. On a supposé qu'il entrait avec le chœur *. Pourtant, dans certaines pièces, telles que le Prométhée d'Eschyle, il y a des parties méliques qui exigeaient la présence de l'au- lète avant l'entrée du chœur. Le seul fait attesté, c'est qu'il se retirait avec lui et le précédait dans sa retraite ^ ; chose naturelle, puisque ce départ du chœur marquait la fin de la pièce.

L'éclat des chœurs tragiques fut très grand au v® siè- cle. Il semble qu'il ait diminué vers la lin de la guerre du Péloponnèse, lorsque Agathon introduisit dans la tra- gédie des chants épisodiques qui n'étaient guère que des morceaux de musique vocale. Toutefois au iv® siècle en- core, quand la comédie eut perdu ses chœurs, la tragé- die conserva les siens ^ Aucun témoignage ne nous per- met de dire au juste combien de temps cela dura. Nous savons seulement qu'à l'époque romaine, sous les empe- reurs, les parties lyriques des tragédies anciennes n'é- taient plus représentées, tandis qu'on en jouait encore les parties dialoguées*. Il est possible que cet abandon ne se soit produit qu'après la période classique.

IV

On a vu dans le chapitre précédent comment les créa- teurs de la tragédie ajoutèrent au chœur un narrateur, qui, plus tard, se mêla lui-même à la fiction dramatique. Ce fut l'origine des rôles attribués aux acteurs (ÙTroxpirai).

Thespis se servit d'un seul acteur ; Eschyle en îûtro-

1. C'est Topinion d*A. MûUer, ouvr, cité, p. 210.

2. Schol. Aristoph. Guêpes, 582.

3. Démosth., Midienne, 58. Cf. Vie d*Eschine, p. 269, 26, Wester- mann.

4. Dion Chrysost., XIX, p. 487 Reiske.

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