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CHAP. VII. — L’ORIENT GREC AU IVe SIÈCLE

sa fortune. Parvenu à l’âge d’homme, il voyagea[1]. En 347, il était présenté à l’empereur Constance, auquel il avait l’honneur d’adresser une harangue officielle[2]. Ce fut sans doute vers ce temps qu’il ouvrit école à Constantinople, et des lors la capitale de l’Orient devint son domicile. Son enseignement semble y avoir obtenu un grand succès. Lui-même nous apprend qu’on venait en foule, de Grèce et d’Ionie, pour l’entendre. Un philosophe de Sicyone, nommé Celse, amena un jour à Constantinople un certain nombre de ses disciples, aussi désireux que lui de jouir de son éloquence[3]. Thémistios commentait dans son école les œuvres de divers philosophes ; mais, orateur par tempérament, il prononçait de plus, en mainte occasion, des discours de morale[4]. En 355, lorsque Constance le fit entrer dans le sénat de Byzance, sa réputation était déjà éclatante[5]. Deux ans plus tard, il fut député par ce même sénat pour aller saluer à Rome le même empereur, à l’occasion de son triomphe. À l’en croire, de grands efforts furent faits pour l’y retenir. Il refusa toutes les offres, ne voulant pas quitter sa chère Constantinople. Sa carrière n’en fut pas moins brillante. Il était devenu, peu à peu, un des grands personnages de l’empire. Julien, en 362, lui offrit

  1. 23e Disc., p. 359, Dind. : Ἐγὼ τοίνυν πολλαῖς μὲν ὡμίλησα πόλεσι ϰαὶ ξυνεγενόμηνον. Nous savons qu’il avait vu Nicomédie, Antioche.
  2. Voir la Chronologie de ses panégyriques par Hardouin, reproduite dans l’édit. Dindorf, p. 491. Selon l’argument anonyme du discours en question (1er Disc. Περὶ φιλανθρωπίας (Peri philanthrôpias)), il était encore jeune, νέος ὢν ἔτι (neos ôn eti). En supposant qu’il fut né vers 315, il n’avait alors en effet que trente-deux ans.
  3. 23e Disc., p. 355, Dind.
  4. Voir l’Avant-propos (Θεωρία (theôria)) du 20e Disc., où il se donne pour philosophe, non pour orateur. Cela implique qu’en effet son enseignement proprement dit devait être surtout exégétique. Mais ce qui nous reste de lui montre bien que l’exégèse ne lui suffisait pas.
  5. Voir le 2e Disc. et le discours de Constance, qui y est joint.