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CHAP. VII. — L’ORIENT GREC AU IVe SIÈCLE

publiées sans son consentement. Elles embrassaient probablement toute l’œuvre d’Aristote. Celles qui nous restent se rapportent aux Analytiques, à la Physique, aux traités De l’âme, De la mémoire, Du sommeil, Des songes, De la divination[1]. Un tel ouvrage ne pouvait viser à l’originalité. Il est aisé d’en critiquer la méthode même en alléguant que l’auteur ne fait que délayer ce qu’Aristote avait dit plus fortement. Mais la concision d’Aristote est souvent obscure, tandis que l’interprétation un peu molle de Thémistios est beaucoup plus claire. C’est encore un mérite que de nous aider souvent à comprendre une pensée qui se dérobe ; et le livre, tel qu’il est, dénote à coup sûr un esprit souple, pénétrant et lucide.

Mais, si l’on veut connaître Thémistios, c’est dans ses discours qu’il faut le chercher. Photius en lisait trente-six[2]. Nous n’en possédons plus que trente-cinq, qui ont été retrouvés et rassemblés peu à peu[3]. Vingt de ces discours sont des harangues officielles ; les autres se rapportent ou à des circonstances particulières ou à des sujets de morale. Tous sont utiles à lire pour connaître soit les événements du temps, soit les hommes et les mœurs, soit l’orateur lui-même. Parmi les plus intéressants, il faut citer le 23e (Σοφιστής), où Thémistios, répondant à des critiques vraies ou supposées, présente,

  1. Les Paraphrases ont été éditées en dernier lieu par L. Spengel, dans la Biblioth. Teubner, 2 vol., 1866. Spengel a corrigé l’édition de Petrus Victorius.
  2. Photius, cod. 71.
  3. Dans la première moitié du xvie siècle, on n’en connaissait que huit, ceux qui figurent dans l’édition de Trincavelli. 1531. H. Estienne en publia six autres, en 1562. L’édition de Petan, 1618, en contient dix-neuf ; celle de Hardouin, 1684, trente-deux. Ang. Mai y a joint, en 1816, le Περὶ τῆς ἀρχῆς et le Disc. sur Eugénios. Un trente-cinquième discours (à Valens) ne nous a été conservé que dans une traduction latine.