Page:Cros - Le Collier de griffes, 1908.djvu/238

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À six heures du matin, la princesse OU se réveille et dit :

— J’ai assez dormi, allons au bois !

V

Boum ! Boum ! Boum ! Ce n’est plus la fête, ni des visites, c’est la guerre.

L’ennemi attaque le royaume de trois côtés à la fois.

Le prince K saute sur le sabre, la princesse OU saute du lit, met son manteau et court à la guerre avec son prince. Elle n’a plus peur du tout.

Quand ils sont dans les bois, elle cueille des églantines et des lauriers.

Le prince K court à droite, court à gauche, court en face, et coupe la tête à tous les ennemis.

Le prince P et le prince T auraient bien voulu gagner la bataille, eux aussi. Mais sans le sabre - que faire ?

Les cloches se mirent à sonner pour la victoire. Les gens du peuple coururent tous au devant du vainqueur et de sa princesse. Puis on revint en bon ordre, chargés des riches dépouilles de l’ennemi.

Il y avait de l’or, il y avait de l’argent, pour des millions. Il y avait des robes de soie, des armures d’acier. Il y avait cent mille canons, autant de tonneaux de poudre, et cent fois autant d’obus. Il y avait