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ÉTUDE

Pourtant elle avait alors déjà vingt-deux ans, et, en 1764, elle allait franchir le cap de la vingt-quatrième année sans avoir pu aborder encore au havre souhaité, et sans avoir pu trouver un sort digne de ses attraits, de son mérite, de ses succès. Elle venait de perdre successivement son père et sa mère, et cette double perte lui faisait d’autant plus sentir le besoin d’un appui. Tout le monde s’intéressait à cette belle orpheline, qui, suivant une jolie expression d’une héroïne de sa compatriote Mme de Charrière, « ne savait que faire de son cœur ni de son esprit », économisant l’un sans objet et dépensant l’autre sans profit dans ces témoignages et ces exercices brillants d’un talent pédagogique qui ne lui permettait d’entrevoir que les sentiers ingrats et les horizons courts de la vie d’institutrice. Pourtant l’occasion favorable et décisive naquit précisément des circonstances où on ne l’attendait pas. Ce n’est pas en vain et pour les seuls applaudissements de la Société du Printemps et des professeurs et étudiants de l’Académie de Lausanne, ses auditeurs charmés, que la fille du pasteur de Crassier débita ces leçons ou présida à ces concours sur les langues anciennes dont le théâtre était le plus souvent le Vallon des