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SUR MADAME NECKER

nément. L’écrit de Mme Necker a poussé au fanatisme les esprits déjà excités par quelques motifs particuliers ; il a entraîné tous les esprits faibles et incertains, ébranlé un grand nombre des esprits les plus fermes, et s’il n’avait produit tous ces mauvais effets auxquels les circonstances ont contribué, les hommes les plus inflexibles dans leurs principes l’auraient eux-mêmes approuvé, non pas sans doute comme une haute leçon de législation, mais comme une puissante exhortation de morale ; non pas comme une démonstration de l’immoralité de tout divorce, mais comme une victorieuse censure des divorces immoraux. »

Et Rœderer, en sa qualité de législateur philosophe, partisan d’un usage limité, tempéré du divorce autant qu’ennemi de ses abus, tournait toutes ses ressources d’argumentation contre l’écrit de Mme Necker, « le plus fort, disait-il, à ma connaissance, qui existe contre le divorce, » et il ne parvenait pas à ébranler les quatre considérations sur lesquelles reposait, comme sur quatre colonnes, ce monument élevé par la piété conjugale à l’indissolubilité du mariage : l’intérêt des époux pendant la jeunesse ; celui des enfants ; celui des mœurs ; celui des époux pendant le dernier âge de la vie.