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CÉSAR FRANCK

l’avouer — ils ne le connaissent guère et ne l’exercent qu’empiriquement.

Il y avait même, de mon temps, au Conservatoire de Paris, quelques professeurs de composition qui ne savaient pas très bien leur métier et qui étaient, en conséquence, parfaitement inaptes à le montrer aux autres.

Quant à ce qui est de la connaissance de l’élève, tout notre système d’enseignement français étant basé, bien à faux, sur le nivellement des esprits, il ne peut rien y avoir d’étonnant que nos professeurs d’art, agissant en conformité avec les principes adoptés d’autre part, ne se préoccupent que de verser en de jeunes intelligences parfois fort différentes, une matière d’art identiquement banale, sans se douter que tel aliment, bon ou au moins inoffensif pour quelques-uns, sera au contraire pernicieux pour d’autres et exige, vis-à-vis de ceux-ci, un correctif ou une explication ; que tel précepte, nécessaire aux esprits bornés, deviendra pour les élèves supérieurs un intolérable supplice qui pourra même être cause d’un affranchissement dangereux ou au moins prématuré.

Je crois qu’il est inutile de redire ici quelle habileté César Franck avait acquise dans l’exercice de son métier et de quelle maîtrise il savait faire preuve en son art, mais il est important de