Page:D - La Comtesse de Lesbos, 1889.djvu/141

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


tissante des pucelles. J’ai conquis son cœur ; et son ardent amour pour sa maîtresse m’est un garant de son obéissance à tous mes désirs. Attendez-moi ici, je vais chercher ce ravissant trésor. » Les soubrettes avaient regagné leur appartement. Mercédès sortit un instant, et revint presque aussitôt, suivie du plus joli tendron qu’on pût rêver. Blonde, comme les blés mûrs, avec deux grands yeux bleus, une petite bouche aux lèvres purpurines, qui laissaient voir une rangée étincelante de petites quenottes de l’émail le plus fin ; elle souriait tendrement à sa maîtresse, d’un sourire plein d’amour reconnaissant ; quand elle s’aperçut de ma présence, elle rougit et s’arrêta interdite. « Embrassez-vous, dit la comtesse, la connaissance sera plus tôt faite. » Je ne me fis pas répéter l’aimable invitation ; je prends la tête de la mignonne, et je plante un long baiser sur la cerise de sa bouche. Elle rougit encore davantage ; je remarquais alors deux petites oreilles cramoisies, deux toutes petites oreilles fines, rondes, aux lobes minuscules, derrières lesquelles voltigeaient quelques folles mèches bouclées. J’y portais mes lèvres,