Page:D - La Comtesse de Lesbos, 1889.djvu/143

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un certain talent. À nous trois, nous ferons le bonheur de cet amour de visage ; mes soubrettes, qui sont prévenues, pourront au besoin nous aider dans nos jeux, car ce sont d’autres moi-mêmes. Allons, mignonne, embrasse ton ami Hercule. » Cécile, sans se le faire répéter, me saute au cou avec empressement, dont la servilité me remplit d’admiration pour cette incomparable maîtresse, qui, avec un caractère d’une douceur ineffable, tient dans l’esclavage tout ce qui l’entoure.

La comtesse veut servir de femme de chambre à la mignonne, qui se tient debout, souriante, se laissant faire volontiers. C’est d’abord le corsage qu’on déboutonne, qu’on écarte, découvrant deux petits seins ronds et menus, qui émergent de leur nid de dentelles, douillettement couchés sur le rebord du corset, semblables à deux pommes de neige dure, au milieu desquelles brille un petit bouton de rose ; j’y pose mes lèvres, je glisse ma main dans le creux qui les sépare, je les sens palpiter sous ma lèvre, comme deux blanches tourterelles, effrayées, battant des ailes. « Eh ! ne les mangez pas, » me dit la comtesse,