Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 1.djvu/114

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ils désignent la quantité. Exemple : seumoul-sarăm, vingt hommes.

Ces noms employés seuls peuvent se décliner comme tous les autres noms ; mais, placés devant un substantif pour le qualifier, ils deviennent adjectifs, et par conséquent restent invariables.

Les nombres ordinaux se forment en ajoutant aux nombres cardinaux coréens la terminaison tsè. Ex. : toul-tsè, deuxième ; ilkop-tsè, septième. De même qu’en français on ne dit pas le unième, en coréen on ne dit pas hăna-tsè, mais tchiŏt-tsè, le premier. Les nombres ordinaux chinois s’obtiennent en préfixant aux nombres cardinaux le mot tiei. Ex. : tiei-sam, troisième ; tiei-sip, dixième ; tiei-pèk, centième. Ils s’emploient avec les mots chinois, selon la règle expliquée plus haut.

Les noms de nombres ordinaux précèdent le substantif et sont invariables. Employés seuls, ils peuvent se décliner.


Pronoms. — Le coréen n’a que deux pronoms personnels : na, je, moi ; et , tu, toi. Comme dans les autres langues de la même famille, c’est un des pronoms démonstratifs qui sert pour la troisième personne : il, lui. Le plus ordinairement employé est tiŏ, celui-là, celle-là, cela.

Na et se déclinent suivant la règle générale. Deux cas seulement font exception. Le nominatif, qui se forme avec la terminaison ka, est pour la première personne : né-ka au lieu de na-ka ; pour la seconde : né-ka au lieu de nŏ-ka. L’instrumental de la première personne est nal-lo, celui de la seconde est nŏl-lo. Enfin, on trouve au datif, outre la forme régulière, les formes contractées : nè-kké, né-kké.

Le pluriel de la première personne est : ouri, nous ; celui de la seconde : nŏheué, vous. On emploie également d’autres pluriels dérivés des précédents : ouri-teul, nous ; nŏheué-teul, vous. Tous ces pluriels se déclinent suivant la règle générale.

Chez toutes les nations, mais surtout dans les pays asiatiques, l’usage des pronoms personnels est restreint par les règles de la politesse. En Corée, un homme du peuple, s’adressant à un mandarin, ne s’avisera jamais de dire : je ou moi, il dira, en parlant de lui-même : sio-in, petit homme. À plus forte raison ne dira-t-il pas à son interlocuteur : tu ou toi ; il emploiera le titre voulu, comme nous disons nous-mêmes : Votre Excellence, Votre Grandeur, etc… Mais ce sont là des règles de civilité, et non de grammaire.

Il n’y a pas de pronoms, ou, si l’on veut, d’adjectifs possessifs ; ce sont les pronoms personnels qui en tiennent lieu. , , ouri, nŏheué, placés devant un substantif, deviennent adjectifs par position, et signifient : mon, mien, ton, tien, notre, votre.