Page:Dandré-Bardon - Vie de Carle Vanloo.djvu/10

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la république des Arts. C’eſt par les ſoins de celui-là même qui le garantit du déſaſtre, qu’il ſera mis à portée d’y faire de rares progrès.

J. B. Vanloo lui ſert de père, de maître, d’ami. Appellé par les ordres du Duc de Savoye, il paſſe à Turin avec ſa famille, & de-là à Rome, où deux ans après ſa famille va le joindre. Il entame l’éducation pittoreſque de ſon frère, âgé alors de neuf ans, & après lui avoir donné les premiers élémens du Deſſein, il le place à l’École de Benedetto Lutti.

Ce grand Maître, à qui J. B. Vanloo étoit redevable de la perfection de ſes talens, eſl ſi charmé des diſpoſitions extraordinaires du jeune Carle, qu’il prend une attention ſingulière à procurer ſon avancement. La ſagacité de l’Élève ne laiſſe preſque rien à faire à la vigilance du Maître. Le diſciple met à profit ce qu’on lui apprend ; il ſoupçonne, il devine preſque ce qu’on juge à propos de ne lui point dévoiler encore.

Lutti voit avec autant de plaiſir que de ſurpriſe les progrès de ſon nouvel Écolier. Il en parle au fameux le Gros qui fut curieux de le voir, & qui lui témoigna tant d’amitié, que Carle porté