Page:Dandré-Bardon - Vie de Carle Vanloo.djvu/12

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amour pour la Sculpture étoit ſi fort, qu’il s’eſt mille fois reproché de ne l’avoir pas ſuivi. Nous avons vu ſouvent éclater ſes regrets dans le tems même où la Peinture le couronnent des plus brillantes fleurs.

La mort de le Gros arrivée en 1719, tems deſtiné au retour de la famille des Vanloo en France, rendit le jeune Carle au talent pour lequel le Ciel l’avoit fait naître. Il n’a conſervé de l’autre que les impreſſions utiles aux arts de peindre & de deſſiner. Je parle de ce tact que le pouce imprime ſur l’argile & que le pinceau ou le crayon font paſſer ſur la toile & ſur le papier, pour reſſentir les plans de couleurs, les Méplats que l’Art prête aux objets, même en les arrondiſſant. Ce caractère, que les grands Maîtres ont mis dans leurs chefs-d’œuvres, eſt répandu dans preſque tous les ouvrages de Carle Vanloo.

Son frère le ramene à Turin. Il ſemble lui marquer d’avance l’un des Palais où il doit un jour ſignaler ſon génie. De Turin il le conduit à Paris en 1719. Ils ſont favorablement accueillis par le Prince de Carignan & logés à l’Hôtel de Soiſſons.