Page:Dandré-Bardon - Vie de Carle Vanloo.djvu/13

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Carle n’entroit alors que dans ſa quinzième année, mais il avoit déjà fait de très-bonnes études d’après l’Antique & les beaux deſſeins d’habiles Maîtres. Il avoit déjà ce maniement de crayon, moëleux, doux, facile, que les Romains préfèrent à la fougue, à l’éclat, à la fierté dont plusieurs autres bonnes Écoles ſe font honneur. Inſtruit des formes élégantes, que le Beau Idéal prête ſouvent à la Nature, il ne lui manquoit plus que de connoître ces vérités intéreſſantes, qui ſont les témoignages irrécuſables des impreſſions, auxquelles les divers mouvemens ſoumettent le Naturel.

C’eſt d’après l’étude conſtante du Modele que le jeune Élève acquiert la connoiſſance de ces vérités. Une envie démeſurée d’atteindre à la perfection de ſon Art, le deſir de mériter l’eſtime & de conſerver l’amitié de ſon frère, peut-être même la crainte d’en être ſévérement réprimandé, le rendent eſclave de ce devoir. Dans le torrent même des diſſipations, où la jeuneſſe n’eſt que trop ſouvent entraînée, il n’a jamais manqué l’étude de l’Académie, ni diſcontinué de montrer journellement à ſon frère le Deſſein qu’il faiſoit d’après.