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Vie

terminoit toutes d’après Nature, & y jettoit par l’induſtrie de ſon talent toutes les graces, toutes les vérités, tout le goût que le génie & l’Art peuvent prêter au Naturel. Ces ouvrages, qu’il faiſoit avec une facilité ſurprenante, lui rapportoient de grands profits.

Il ſe procure ainſi les moyens de faire commodément le voyage de Rome, & de de s’y entretenir quelques années pour étudier. Il s’aſſocie avec MM. Louis & François Vanloo ſes neveux, & avec M. Boucher, aujourd’hui ſon ſucceſſeur dans une partie conſidérable de ſes dignités. Il part pour Rome en 1727.

Les beaux ouvrages dont il avoit été d’abord frappé, quand il étoit à peine en état de les voir, ſe préſenterent à lui pour la ſeconde fois de manière à ſe faire ſentir vivement. Ils lui parurent alors auſſi inſtructifs qu’admirables. Il s’en nourrit ; il les dévore. Semblable à ces Paraſites affamés qui engloutiſſent des yeux tous les mets d’une table ſomptueuſe, C. Vanloo ne ceſſe de ſe repaître des beautés, qu’offrent dans la Capitale des Arts les anciens chefs-d’œuvres des grands Maîtres. Il ſe porte avec avidité partout où if voit des objets d’étude, & paſſant