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Vie

cataſtrophes le lui enleve. Ils voyageoient en chaiſe roulante. La fougue impétueuse des chevaux, que peut-être trop imprudemment François haſarda de conduire, trahit ſa dextérité. Il tombe ayant un pied embaraſſé dans l’étrier. Les courſiers emportent leur victime. Ils la traînent long-tems parmi les ronces & les cailloux. Tel l’infortuné Hippolite fut traîné par ſes chevaux. Quel ſpeclacle pour Carle ! En vain au péril même de ſa vie, veut-il dégager ſon neveu & fixer les courſiers indomptables. Le fatal deſtin eſt comblé : toutes les bleſſures ſont mortelles ; François Vanloo meurt à Turin dans ſa vingt-deuxième année.

L’oncle eſt vivement touché de la perte de ce cher neveu. Après avoir donné à la Nature & au ſentiment les pleurs, tous les regrets qu’il leur doit, il trouve un motif de conſolation dans le ſouvenir des bontés, dont le Roi de Sardaigne avoit honoré François Vanloo durant ſa maladie. Ce Prince ne tarda pas à connoître le mérite de l’oncle, & à lui donner des preuves de l’eſtime qu’il avoit pour lui. Il le charge de pluſieurs ouvrages conſidérables. Avec quelle attention Carle ne les exécute-t-il pas ?