Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/102

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autres avant peu et qu’il valait mieux, par conséquent, oublier les discussions passées que de continuer à vivre comme chiens et chats.

― Voilà mon avis, a-t-il dit en terminant, d’une voix larmoyante. C’est l’avis d’un pauvre vieux bonhomme qui voit les choses de loin… et qui ne voudrait pas mourir ― car qui sait ce que l’avenir nous réserve ― sans embrasser ses petits-enfants.

Ma sœur, les larmes aux yeux, a mis la main de mon père dans celle de mon grand-père et j’ai été embrasser le bonhomme sur la joue. Je me suis piqué les lèvres, car il n’avait pas fait sa barbe.

― Ainsi, c’est entendu ? a demandé le vieux en partant. Comme c’est le 3 septembre la fête à Moussy, vous viendrez le matin ? Vous repartirez le lendemain soir ou le surlendemain, comme vous voudrez.

― C’est entendu, a dit mon père qui a refermé la porte en murmurant :

― Quelle comédie ! Il a tout simplement peur de rester tout seul à Moussy, si les Prussiens viennent dans le département, et il veut s’assurer un logement chez nous, pour faire des économies…