Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/135

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― Tu me raconteras en revenant tout ce que tu auras vu ?

― Oui, n’aie pas peur.

― Oh ! dit Jules, nous ne verrons peut-être pas grand’chose. C’est une affaire d’un mois, six semaines tout au plus. Les Prussiens ne pourront pas, naturellement, investir complètement la capitale et, ma foi, lorsqu’ils verront qu’ils ne peuvent prendre Paris de vive force, ils seront bien obligés de faire la paix.

― C’est mon avis, dit mon père.

― Le mien aussi, dit M. Legros. Prendre Paris ! Et comment voulez-vous qu’ils fassent une brèche dans les remparts ? Avez-vous remarqué l’épaisseur des remparts, monsieur Gâteclair ?

― Mais oui.

― Et vous, monsieur Barbier ?

― Mais oui.

― C’est formidable ! Quelque chose de formidable. Une épaisseur !… Un mur en pierres, d’abord ; en moellon et pierres de taille ― là. ― Et, derrière, une masse énorme de terre. Supposez qu’un boulet traverse le mur en pierre : eh bien ! qu’arrive-t-il ? Il arrive qu’il