Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/136

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se perd dans la terre. Voilà… Ah ! quelle épaisseur !…

Nous accompagnons Jules à la gare. Elle est assiégée par les émigrants ; les salles d’attente sont remplies de bagages… Mais le train va partir. J’embrasse Léon et Mlle Gâteclair à laquelle Mme Arnal, qui est venue avec nous, remet une lettre pour son mari, garde national à Paris.

― Dites-lui bien qu’il porte toujours de la flanelle et qu’il mette du coton dans ses oreilles, le soir.

Je serre la main de Jules, qui serre la main de mon père et celle de M. Legros. Il s’approche de ma sœur.

― Allons, embrassez-vous, fait mon père.

Louise avance son front et Jules y dépose un baiser…

La locomotive siffle et les voyageurs, après un dernier adieu, se précipitent vers les wagons.


Nous revenons. Louise a les larmes aux yeux ― des larmes de crocodile. ― Mme Arnal lui remonte le moral.

― Il faut se faire une raison, ma chère petite. Ainsi moi, regardez donc, j’ai mon mari