Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/137

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à Paris. Eh bien ! est-ce que j’en parais plus triste ? Vous me direz qu’au fond… oui au fond… mais…

Elle n’a pas l’air convaincue, Mme Arnal. M. Legros, lui, y va de son voyage :

― Moi, voyez-vous, Barbier, je n’aime pas assister aux séparations. Ça me fend le cœur. Cette pauvre petite !

Il dit ça tout bas, la main sur la troisième côte. Puis, tout haut :

― Allons ! encore un soldat de plus pour la défense de la Ville-Lumière ! Nos volontaires prennent leurs fusils avec un enthousiasme !… Je suis certain, quant à moi, que les Prussiens vont trouver leurs maîtres sous Paris. L’armée a repris confiance en ses chefs ― ce sont les journaux qui l’assurent ― : elle est animée du patriotisme le plus pur… Tiens ! qu’est-ce que je vois là-bas ?

― Un rassemblement, je crois…

Oui, un rassemblement qui s’est formé autour d’un turco assis sur le trottoir, le dos appuyé à un mur. Son sac tout chargé est jeté à côté de lui et il a envoyé, d’un coup de pied, son fusil dans le ruisseau. Ce turco me semble terrible avec son uniforme bleu de ciel,