Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/147

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


parc : avec ses allées montantes, ses balustrades, ses escaliers, ses vases, ses boulingrins, ses terrasses, il me fait l’effet d’une grande pièce montée. Mais j’ai l’espoir d’y rencontrer un camarade. Quand j’en déniche un, ça va encore. Quand je n’en trouve pas, par exemple, c’est un désastre. J’en suis réduit à examiner le parc dans ses moindres détails. C’est triste à mon âge, allez ! Ce fameux Le Nôtre était décidément au-dessous de tout comme jardinier.

― C’était le modèle des fils ! dit M. Beaudrain qui m’a fait apprendre par cœur, dans les Morceaux choisis, une pièce où il est question de la piété filiale du planteur de buis.

― C’était le modèle des fils : aussi, ce fut un grand homme ! Il fut honoré de l’amitié du Roi-Soleil. Voyez-vous, mon ami, pour arriver à quelque chose de bien, il faut avoir à un haut degré le sentiment de la famille.

M. Beaudrain doit me tromper.

Ah ! les quinconces maussades, les urnes lugubres, les statues galeuses, les bronzes à écrouelles ! Les hideux tapis verts sur lesquels sanglotent les vieux arbres, les murs des terrasses tapissés d’un buis sale qui ressemble à du velours pisseux ! Il y en a partout, du buis ;