Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/155

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rivé… Un garçon si fort, si beau… Vingt-quatre ans, monsieur… vingt-quatre ans…

Elle fond en larmes.

― Pauvre fille ! soupire Mme Arnal en s’essuyant les yeux.

― Et ces pauvres parents, gémit Mme Legros. Cette pauvre vieille mère… Ah ! c’est affreux ! Ce Bismarck ! Ah ! si je le tenais…

― Avez-vous remarqué le style de la lettre ? demande tout bas M. Beaudrain à mon père. Comme c’est simple, mais comme c’est empoignant ! Rien, absolument rien, au point de vue de la syntaxe, naturellement, mais une émotion qui déborde. Et ce passage sur les récoltes ! cette antithèse entre les ruines que fait la guerre et les dons généreux de Cérès ! C’est d’une simplicité… rustique… Pas une expression triviale, d’ailleurs, pas une expression basse : les récoltes ! Ah ! le terme est choisi de main de maître, fait le professeur en secouant la tête.

Heureusement qu’il n’a pas vu les cochons gras !

Catherine pleure toujours. Mme Arnal s’est assise auprès d’elle et la console. Mme Legros