Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/192

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s’abîme dans la contemplation d’une touffe de rosiers.

― Quel est le nom de ces rosiers ?

― Des rosiers du Bengale… Mais, monsieur, je crois… l’air du matin est un peu frais…

― Non, non. Très beau, ce matin. Cette fleur se nomme ?

― Un glaïeul… mais, permettez. Il me semble avoir oublié de vous offrir la goutte, et si vous…

― Merci beaucoup. J’ai pris du café et cela me suffit.

Le Prussien ne s’en ira pas et, là-haut, la terrible silhouette guette toujours. Mon père se tord les mains…

Un coup de sonnette nous fait tressaillir. Je me dirige vers la porte, mais mon grand-père m’arrête. Il a une inspiration. Il s’approche de l’Allemand, le chapeau à la main.

― Qu’y a-t-il monsieur ?

― Monsieur, la personne qui vient de sonner est, je le présume du moins, une dame que nous attendons. Comme elle est excessivement nerveuse, je craindrais, si elle apercevait votre uniforme en pénétrant ici… je craindrais… une crise, peut-être… Les sentiments