Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/206

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je n’ai plus pu me contenir et je l’ai traitée comme elle le mérite…

― Ah ! monsieur Barbier, s’écrie M. Beaudrain, quelle imprudence ! Si les Prussiens vous avaient entendu ! Ne recommencez pas, c’est moi qui vous en conjure !

― Ne pas recommencer ! dit Mme Arnal indignée. Laisser passer sans protester de pareilles ignominies ! Des choses semblables ! Des… des monstruosités… Dans quel siècle vivons-nous ?…

― C’est infâme ! dit ma sœur.

― Il faut croire aussi, dit Mme Arnal, qu’il n’y avait aucun officier dans le poste. Y avait-il un officier, dans le poste ?

― Je n’en ai point vu, répond mon père.

― C’est ça. Les officiers sont des gens bien élevés qui ne laisseraient pas s’accomplir ces ignominies ; du reste, la discipline doit s’opposer à… l’entrée de ces créatures dans les postes… Mon blessé me le disait hier… La discipline est de fer, à ce sujet-là…

― En effet, dit M. Beaudrain, la discipline de l’armée prussienne est admirable.

― Admirable. C’est le mot, dit le père Merlin.