Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/222

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— Non, non. Ce n’est pas la peine. Je serai revenu dans une demi-heure.

Vingt-cinq minutes après, il est là.

― Tu vois que je tiens parole. J’ai été vite, hein ?

― Et ma tante va-t-elle mieux ?

― Ta tante… oui… c’est-à-dire… beaucoup mieux.

Nous nous mettons à table.


― Jean, me dit mon grand-père après dîner, je ne devais te ramener chez ton père qu’après-demain ; mais j’ai justement à faire à Versailles demain matin. Je profiterai de l’occasion pour t’emmener avec moi. Ça t’ennuie ?

― Mais oui, un peu.

― Bah ! tu rattraperas ça une autre fois. Je dirai à ton père de te laisser revenir et tu passeras plusieurs jours ici… et tu négligeras tes leçons… Ça fera enrager Louise…

Je ris. Décidément, je m’étais trompé tout à l’heure. L’homme qui était là, assis à ma place, était bien un paysan. Mon grand-père serait moins gai si l’on devait se battre à Moussy ce soir, se tirer des coups de fusil cette nuit. Pourtant, avant de me coucher,