Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/224

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― Grand-papa, cet homme…

― Et ! parbleu ! cet homme, c’est un vagabond qu’une patrouille prussienne a ramassé le long d’un fossé. Les Prussiens sont très sévères… pour ça… pour les vagabonds… On l’aura ramassé… Seulement, il vaut mieux ne pas se laisser voir… dans ces affaires-là… ça vaut mieux…

Mon grand-père ment, j’en suis sûr. Pourquoi ment-il ? Où mène-t-on cet homme enchaîné ? Pourquoi nous sommes-nous cachés ?

Nous nous remettons en route et bientôt nous atteignons l’entrée des bois qui s’étendent jusqu’à Versailles. Mais, tout à coup, je saisis à deux mains le bras de mon grand-père.

Là-bas, derrière le village, une décharge terrible vient d’éclater.

― Grand-papa ! grand-papa ! as-tu entendu ?…

Le vieux blêmit affreusement.

― Les Prussiens qui tirent… qui font des exercices de tir… Le matin… c’est leur habitude… le matin……

Ses dents claquent.